Accueil arrow Brèves arrow Petit conte
Petit conte Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par David   
12-11-2006

Jeux d'enfantsÉcrit un jour de malentendu avec sa compagne.

Il était une fois un jardin merveilleux, les fruits y poussaient de toute part, les animaux y étaient doux et pacifiques, le temps clément, rivières et cascades chantaient entre plaines verdoyantes et rochers scintillants. L'humanité y était heureuse d'un bonheur inouï, baignant entre le calme tranquille des lacs, l'ivresse des cascades, l'allégresse des torrents et la joie puissante des fleuves comme des cieux.

Chacun aimait sa chacune et ses enfants, et la simplicité et la chaleur de coeur guidaient tout le monde avec une limpidité sereine.

Seuls ridaient cet océan réellement pacifique l'assujettissement à la faim et aux accidents corporels. Et encore, le corps, tel un olivier jaillissant, ressurgeonnait de chaque blessure avec une telle vitalité, que ni la maladie, ni la mort n'existaient en ce temps. A dire vrai, il n'y avait d'ailleurs pas d'enfants au sens où nous l'entendons aujourd'hui, il y avait seulement une vaste famille humaine où les plus forts aidaient les plus faibles, les prenaient sous leurs ailes un peu comme des enfants, mais sans jamais les priver de la grande liberté qui règnait sur chaque individu. En ce temps, Dieu embrassait le coeur de chacun d'un feu régénérant. Que s'est-il passé depuis lors ? On ne sait plus trop, l'homme et la femme se sont cru géants, si géants qu'ils pensaient être plus grands que la voix qui leur parvenait d'entre les anges, comme une eau fraîche parlant en source à leurs oreilles. Il crurent pouvoir se passer d'elle et créer à leur idée un nouveau jardin d'Eden, leur jardin. Ils se fermèrent à la voix claire et commencèrent à faire sourdre leurs projets... C'est ainsi que naquit bien plus tard l'arboriculture, le greffage, la sélection et les O.G.M ! C'est ainsi qu'ils voulurent s'approprier la terre et les êtres les plus faibles et qu'ils créèrent par leur pouvoir d'alors la domination des uns sur les autres, par exemple de l'homme sur la femme, de la femme sur les enfants, de la femme sur l'homme via les enfants, des enfants sur leurs parents via leur différence entre eux et leur indifférence pour leur propre père. Alors la voix claire se fit tonnerre et limita la jouissance et la puissance de l'homme et la femme en les faisant mortels, sujets à la maladie, et devant prendre la responsabilité des êtres sous leur dépendance par le douloureux processus de l'enfantement. La voix respectait leur voeu mais leur posait une limite pour qu'ils apprennent d'eux-même. La porte du jardin d'Eden demeurait grande ouverte mais des murs d'habitude et des forêts buissoneuses de douleur répétée semblait désormais en interdire l'accès. Et ce jusqu'au jour où une part de l'humanité s'aperçoive de l'impasse et l'échec structurel de ce choix initial et que quelques uns pour commencer se mirent en peine de retrouver, à la force de la faucille, la porte sacrée. Une cordée fraternelle, imparfaite et fragile, fut nouée pour faciliter la traversée la forêts des erreurs de l'humanité, puis dix cordées, puis cents. Mais chacun se forgeait ses outils et son embarcation pour traverser cette forêt mêlée d'abîmes profonds, pour passer les cols de la Montagne Sainte et la gravir jusqu'à quitter ses raisons pour le Bleu de l'horizon.

Bonne route à tous !

David  

Dernière mise à jour : ( 12-11-2006 )
 
< Précédent   Suivant >